L’Afrique se connecte de plus en plus vite. Les réseaux de fibre optique s’étendent, les services mobiles touchent un public plus large, et les investissements dans les centres de données, l’infrastructure cloud et les services numériques augmentent à travers le continent.
Ces avancées sont importantes. Mais la connectivité seule ne garantit pas que les Africains tireront parti de l’économie numérique.
Le véritable test est ce que les gens peuvent faire une fois connectés. Cette question sera au cœur des échanges lors de l’ITW Africa à Nairobi du 7 au 10 septembre, où les leaders des télécommunications, de la fibre, du mobile, du cloud, des centres de données et de l’investissement discuteront des infrastructures qui façonnent l’avenir numérique de l’Afrique.
De la connexion à l’opportunité
Pour un entrepreneur, une meilleure connectivité peut signifier atteindre des clients au-delà de son propre quartier. Pour un étudiant, cela peut signifier accéder à des cours et à des informations qui étaient auparavant inaccessibles. Pour un agriculteur, cela peut offrir un accès vital aux informations du marché. Pour un chercheur d’emploi, cela peut ouvrir des portes au-delà de sa communauté immédiate. Pour une petite entreprise, un accès Internet fiable peut faciliter les paiements numériques, le marketing en ligne et le commerce régional.
Mais ces opportunités dépendent de bien plus que d’un simple signal atteignant un téléphone. Les populations ont également besoin d’un accès abordable, de services numériques pertinents, de contenus utiles et de compétences nécessaires pour y participer.
À qui s’adresse l’économie numérique ?
Il existe un autre défi qui mérite une plus grande attention. L’Afrique est l’un des continents les plus diversifiés au monde sur le plan linguistique, et pourtant, une grande partie de l’environnement numérique reste dominée par des langues internationales.
Une personne peut posséder un smartphone et une connexion Internet, mais tout de même peiner à trouver des informations, du matériel éducatif ou des services numériques dans la langue qu’elle maîtrise le mieux.
Être connecté ne signifie pas être inclus.
C’est particulièrement crucial à l’heure où l’intelligence artificielle, les services publics numériques, l’éducation en ligne et d’autres technologies prennent une place croissante dans la vie quotidienne. Si la transformation numérique de l’Afrique ne reflète pas sa diversité linguistique, des millions de personnes risquent de devenir de simples consommateurs de l’économie numérique, sans avoir l’égalité des chances pour participer à sa création.
Bâtir les infrastructures — et former les hommes
L’Afrique doit donc investir simultanément dans deux domaines : les infrastructures numériques et le capital humain.
Le continent a besoin d’ingénieurs, de développeurs de logiciels, de spécialistes des données, d’experts en cybersécurité, d’entrepreneurs numériques et de créateurs de contenu. Il a également besoin de personnes capables de développer des outils numériques et des contenus dans les langues africaines.
Cela crée une formidable opportunité pour les jeunes Africains. L’économie numérique peut générer des carrières qui n’existaient pas il y a une génération. Mais ces jeunes ont besoin d’éducation, de formation et d’opportunités pour pouvoir y prendre part.
Une Afrique connectée au service des Africains
L’attention portée par l’ITW Africa à la fibre, au mobile, au cloud, aux centres de données, à l’énergie, à l’investissement et aux services numériques reflète l’ampleur des infrastructures nécessaires pour alimenter la prochaine phase de croissance numérique du continent.
Mais, en fin de compte, l’infrastructure doit servir les citoyens.
L’objectif ne peut pas se limiter à connecter davantage d’appareils ou à construire davantage de centres de données. Il doit être de connecter les gens au savoir, aux marchés, aux emplois, aux services et les uns aux autres. Et cela implique de connecter les Africains à un monde numérique où leurs langues, leurs cultures et leurs idées ont toute leur place.
La transformation numérique de l’Afrique sera une réussite lorsque la connectivité deviendra une opportunité — et que cette opportunité sera accessible à tous.