La bonne gouvernance commence par des citoyens qui comprennent, participent et font entendre leur voix. Pour l’Afrique, cela signifie s’assurer que les nombreuses langues du continent fassent partie de la conversation.
L’Afrique abrite des milliers de langues. Elles portent nos histoires, nos traditions, nos connaissances et notre identité. Ce sont également les langues par lesquelles des millions d’Africains appréhendent leurs communautés et leur vie quotidienne.
Pourtant, une grande partie de la communication officielle, de l’information publique et du débat politique en Afrique se déroule encore dans un petit nombre de langues coloniales héritées.
Cela crée un fossé.
Une politique gouvernementale peut être importante, mais si les citoyens ne peuvent pas la comprendre facilement, leur capacité à participer est limitée. C’est pourquoi les langues africaines sont essentielles au troisième Objectif (Moonshot 3) de l’Agenda 2063 : La Bonne Gouvernance.
La gouvernance doit s’adresser aux citoyens
La bonne gouvernance ne se limite pas aux élections, aux lois et aux institutions. C’est aussi une question de communication.
Les citoyens doivent comprendre leurs droits, les politiques gouvernementales, les services publics et les décisions prises en leur nom. Lorsque les informations importantes sont disponibles dans les langues que les populations maîtrisent le mieux, la participation devient plus significative.
Un agriculteur devrait être en mesure de comprendre les politiques agricoles. Un jeune devrait pouvoir accéder aux informations sur l’éducation et l’emploi. Les communautés devraient être capables de comprendre les messages de santé publique et de savoir comment les ressources de l’État sont utilisées.
La langue peut transformer l’information en participation.
Les langues africaines renforcent la confiance
L’utilisation des langues locales montre également aux citoyens que leur voix et leur identité comptent.
Cela permet de rendre la communication publique plus accessible et de réduire la distance entre les institutions et les communautés qu’elles servent. C’est particulièrement important pour les jeunes Africains, qui utilisent de plus en plus les plateformes numériques pour débattre des questions d’intérêt public et demander des comptes aux institutions.
Si l’Agenda 2063 vise une Afrique axée sur ses citoyens, alors ces derniers doivent pouvoir s’engager dans les langues qu’ils comprennent.
Le rôle de l’ACALAN
C’est là que l’Académie Africaine des Langues (ACALAN) a un rôle majeur à jouer.
Promouvoir et développer les langues africaines ne consiste pas seulement à préserver la culture. Il s’agit également de rendre les connaissances, l’information et la communication publique africaines plus accessibles aux citoyens du continent.
L’Afrique Que Nous Voulons doit être une Afrique où les populations peuvent comprendre les messages qui façonnent leur avenir. La bonne gouvernance ne peut être véritablement centrée sur le peuple si des pans entiers de la population sont laissés pour compte à cause de la barrière de la langue.
Les langues africaines peuvent contribuer à combler ce fossé. Elles peuvent transmettre l’information des institutions aux communautés, des gouvernements aux citoyens, et d’une génération à l’autre.
Parce que bâtir des institutions fortes est important. Mais faire en sorte que ces institutions soient comprises, accessibles et responsables devant le peuple est tout aussi crucial.
Et c’est pourquoi les langues africaines doivent avoir toute leur place dans la gouvernance de L’Afrique Que Nous Voulons.