L’Afrique possède ce dont le monde a besoin.
Du cuivre au cobalt, en passant par le lithium, le platine, l’or et d’autres minéraux critiques, le continent recèle d’immenses richesses minérales. Ces ressources revêtent une importance croissante pour l’économie mondiale, notamment face à la demande grandissante en technologies d’énergie propre, en véhicules électriques, en batteries et en fabrication de pointe.
Mais posséder ces minerais n’est qu’un début.
L’enjeu majeur est de savoir quelle valeur l’Afrique parvient à en tirer, et dans quelle mesure cette valeur profite à sa population.
Cette question prend tout son sens à l’occasion du salon Electra Mining Africa, qui se tient à Johannesburg du 7 au 11 septembre et rassemble des sociétés minières, des fournisseurs, des prestataires technologiques et des professionnels du secteur.
Pour l’Afrique, le débat doit dépasser la simple question de l’extraction des ressources pour se concentrer sur les étapes suivantes.
Des minerais aux moyens de subsistance Si une mine crée des emplois, les opportunités économiques peuvent s’étendre bien au-delà du site d’extraction en lui-même.
L’exploitation minière requiert des ingénieurs, des géologues, des techniciens, des opérateurs d’engins, des spécialistes en logiciels et bien d’autres professionnels. Autour des opérations minières, un tissu d’entreprises peut également se développer pour fournir des services de transport, de restauration, d’hébergement, de maintenance, d’équipement et d’autres prestations.
Transformer les minerais au plus près de leur lieu d’extraction permet de générer encore plus d’opportunités.
Au lieu d’exporter des matières premières brutes et d’importer des produits finis, les pays africains peuvent développer les industries, les compétences et les infrastructures nécessaires pour transformer les ressources et fabriquer des produits localement.
Le minerai ne doit pas représenter l’aboutissement de la chaîne de valeur, mais plutôt son point de départ.
Se préparer aux emplois de demain Le secteur minier est lui aussi en pleine mutation. L’automatisation, l’intelligence artificielle, la robotique et les systèmes de données transforment son mode de fonctionnement.
L’Afrique a donc besoin d’une main-d’œuvre qualifiée pour exploiter, concevoir et perfectionner ces technologies.
La jeunesse africaine ne doit plus percevoir l’exploitation minière uniquement comme un travail souterrain. Le secteur regorge d’opportunités dans l’ingénierie, la technologie, la recherche, la fabrication, la gestion environnementale, l’analyse de données et l’entrepreneuriat.
Cela exige d’investir massivement dans l’éducation et le développement des compétences, en parallèle des investissements miniers.
Conserver la valeur ajoutée en Afrique Pour les communautés vivant à proximité des sites d’extraction, la richesse minière doit se traduire par des emplois décents, un tissu économique local renforcé, de nouvelles compétences et des opportunités réelles pour les jeunes.
Cela passe par des politiques et des partenariats qui favorisent l’approvisionnement local, la transformation sur place et la participation des Africains à l’ensemble de la chaîne de valeur minière.
Les ressources minérales de l’Afrique peuvent contribuer à bâtir un continent plus industrialisé.
Toutefois, l’objectif doit être de bâtir des économies articulées autour des richesses minières africaines, et non des économies qui se contentent de les extraire.
Alors que l’industrie minière se réunit à Johannesburg, la question fondamentale n’est plus simplement de savoir ce que l’Afrique peut extraire de son sol.
C’est plutôt ce que l’Afrique peut bâtir à partir des ressources qui s’y trouvent.
La véritable valeur de ces richesses minières se mesurera aux emplois créés, aux entreprises fondées, aux compétences acquises et aux opportunités durablement ancrées au bénéfice des populations africaines.