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🇫🇷 France et le Code Noir : l’appel de Macron à affronter un passé colonial

PARIS — Le président français Emmanuel Macron a appelé à l’abrogation du Code Noir, un ensemble de lois coloniales qui régissait autrefois l’esclavage des Africains et de leurs descendants dans les territoires d’outre-mer français. Il a estimé que ce texte juridique est incompatible avec les valeurs que la France affirme défendre aujourd’hui.

Le Code Noir, promulgué en 1685 sous le règne de Louis XIV, encadrait juridiquement les conditions de l’esclavage et le statut des personnes réduites en servitude dans les colonies françaises. Bien que l’esclavage ait été aboli en 1848, de nombreux critiques estiment que les traces de ce cadre juridique n’ont jamais été totalement effacées.

Macron a reconnu que la France devait parler avec franchise de l’esclavage — de sa violence, de ses souffrances et des désavantages structurels qu’il a laissés aux communautés noires et aux anciens États coloniaux. Sur la question des réparations, il a toutefois appelé à la prudence, mettant en garde contre des promesses difficiles à tenir dans la pratique.

Dans un geste notable de coopération continentale, Macron a également annoncé une initiative de recherche conjointe avec le Ghana afin d’étudier les effets sociaux, économiques et culturels à long terme de la traite transatlantique des esclaves sur les populations concernées.

Pour l’Afrique, cette annonce dépasse le simple cadre politique. Le Code Noir fut un instrument transnational d’exploitation dont les conséquences restent visibles dans les inégalités économiques et les fractures culturelles qui caractérisent encore les relations entre la France et ses anciennes colonies.

Reste à savoir si les déclarations de Macron se traduiront par des actions législatives et une véritable politique réparatrice. L’Afrique a déjà entendu de nombreuses promesses. Ce qui est désormais attendu, c’est un cadre crédible, consultatif et co-construit avec les voix africaines au centre.

Le partenariat de recherche entre la France et le Ghana pourrait constituer un point de départ. Mais étudier la blessure ne revient pas à la soigner.

Publié par ACALAN Newsdesk