Imaginez une Afrique où un jeune entrepreneur peut voyager dans un autre pays africain pour y trouver des clients, où un étudiant peut poursuivre ses études à l’étranger avec moins d’obstacles, et où un travailleur qualifié peut saisir des opportunités partout sur le continent.
Cela fait partie de la vision plus large du deuxième Objectif (Moonshot 2) de l’Agenda 2063 : Une Afrique Intégrée. L’intégration de l’Afrique ne se limite pas aux accords commerciaux, aux routes et aux chemins de fer. Il s’agit aussi de permettre aux personnes de circuler plus librement à travers le continent.
Au-delà des frontières
L’Afrique a fait des progrès pour faciliter la libre circulation, mais voyager entre les pays africains peut encore s’avérer compliqué.
Les visas, les frais de voyage, les procédures douanières et les différentes exigences nationales peuvent rendre difficile la mobilité des Africains pour le travail, l’éducation, les affaires ou le tourisme. Le Protocole de l’Union Africaine sur la libre circulation des personnes vise à relever ces défis en promouvant le droit des Africains d’entrer, de séjourner et de se déplacer dans les États membres.
La vision est ambitieuse : une Afrique où les populations peuvent se déplacer plus facilement et où les frontières ne limitent pas inutilement les opportunités.
Pourquoi la mobilité est essentielle
Prenez l’exemple d’un jeune développeur de logiciels à Accra qui souhaite travailler avec une entreprise à Nairobi. Ou d’un créateur de mode à Lagos qui veut vendre ses produits à Dakar. Ou encore d’un jeune diplômé en Ouganda à la recherche d’opportunités professionnelles au Rwanda.
Un continent plus connecté peut faciliter toutes ces possibilités.
Une plus grande mobilité peut également aider les entreprises africaines à trouver des compétences, des clients et des investissements au-delà de leurs frontières. Pour les jeunes Africains en particulier, un marché du travail et des affaires à l’échelle continentale pourrait ouvrir des perspectives bien au-delà de leur pays d’origine.
Le tourisme peut également en bénéficier
Faciliter les voyages pourrait par ailleurs renforcer le tourisme africain. L’Afrique possède des plages, une faune exceptionnelle, des sites historiques, des festivals culturels et des villes qui attirent des visiteurs du monde entier. Pourtant, les Africains eux-mêmes devraient également pouvoir découvrir davantage leur propre continent.
Une augmentation des voyages intra-africains signifie plus de clients pour les compagnies aériennes, les hôtels, les restaurants, les voyagistes, les entreprises de transport et les commerces locaux. C’est aussi un moyen d’approfondir la compréhension qu’ont les populations des autres cultures africaines.
L’intégration commence par les citoyens
L’idée d’une Afrique intégrée peut parfois sembler n’être qu’un sujet de discussion réservé aux réunions gouvernementales. Mais l’intégration devient une réalité lorsque les citoyens peuvent se déplacer, travailler, apprendre, échanger et tisser des liens au-delà des frontières.
Il reste encore des défis à relever. Tous les pays ne sont pas prêts à ouvrir leurs frontières de la même manière, et les gouvernements doivent trouver un équilibre entre la mobilité, la sécurité et une gestion efficace des frontières.
Mais la direction prise est essentielle. La vision de l’Agenda 2063 est celle d’un continent où les Africains ne sont pas limités par les frontières derrière lesquelles ils sont nés. Une Afrique plus connectée offre à ses habitants plus d’espace pour rêver, travailler, construire et grandir.
L’avenir de l’intégration africaine ne consiste donc pas seulement à connecter des pays. Il s’agit de connecter les Africains aux opportunités.